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DU REEL AU VIRTUEL ? janvier 09 lp.
du réel au virtuel Un passage passe; en quoi cela concerne-t-il l’espace virtuel ?C’est bien un passage réel, une sorte d’arche tendue entre deux camionnettes. D’où lui vient sa virtualité ? De ce qu’il passe manifestement. Sur deux véhicules il est dans l’instance du départ, les retenant il le rend un moment impossible, le retarde, le suspend. Dans ce suspens il est virtuellement ici et là. Il introduit un hors lieu dans le lieu, un hors temps dans le temps.
Dans l’archétype de l’architecture, le plus matériel de tous les arts, se dévoile alors la virtualité du lieu, la virtualité de toute transport. Dès lors il ne s’agit pas avec le passage de quelque chose d’insolite et d’un peu archaïque, d’une note de poésie dans l’univers du multimédia, encore moins d’un décor ou d’une animation, mais d’un dispositif susceptible d’interroger et de déplacer les rapports du réel au virtuel.
utopie de la mobilité et usage du mobileEtre ici et là, virtuellement. N’est-ce-pas l’essence de tout rapport et de tout transport?La possibilité d’être ici ou là, ici et là par tel ou tel média, mobile et immobile, n’est elle pas l’utopie toujours à l’horizon du multimédia. L’utopie de toute mobilité aujourd’hui effective et resserrée sur l’outil de la mobilité par excellence: le portable, le mobile.
L’utopie, U-topos en grec le hors-lieu dans le lieu qui dit utopie dit aussi danger ; danger de se trouver hors-lieu, sans terre danger que les réussites technologiques ne soient plus qu’un instrument de domination et d’asservissement. C’est à dire coupées de tout dehors de cette virtualité qui engage toujours déjà la façon dont l’homme habite la terre.
Dégager cette ouverture originelle de l’habitation ce qui s’adresse depuis toujours à l’homme dans cette puissance du virtuel ce n’est pas trouver quelque recette originale,ce n’est pas baigner dans la nostalgie de je ne sais quel paradis perdu, c’est mettre en tension l’origine et la fin, Ur/ Up. c’est ouvrir un passage libérer la possibilité de nouveaux usages du mobile de toute mobilité
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l’horizon du virtuel, aux frontières de l’Europe Ur/Up, Ur l’origine, le déplacement qui travaille toute Urbanité. Up le saut en avant et le renvoi en amont du texte. Ur/Up, Europe. La figure de l’Europe comme question toujours ouverte comme transgression de ses propres frontières. L’Europe à l’origine dans le mythe de son enlèvement dans la question de son origine et de sa limite.Dès Hérodote, dit « le père de l’Histoire », l’Europe aujourd’hui dans la recherche et l’extension de ses frontières, comme figure du passage, de la limite et de son passage.Comme cette arche mobile, archétype de l’architecture,fait retentir l’espace du mythe dans l’aujourd’hui de la route et suspend l’aujourd’hui sur sa course.
au miroir d’Hérodote, rétroviseurs et projections C’est dans ce miroir d’Hérodote, selon l’expression de François Hartog* où l’histoire elle même est en question que s’inscriront les chroniques textes et vidéos pour déployer la virtualité de ce passage dans ce jeu de miroirs et de renvois comme sur les vitres et rétroviseurs des véhicules. Comme Cadmos en quête d’Europe les textes iront à la recherche d’Europe, à sa recherche de la langue écrite à la langue barbare, celle de l’autre et celle du SMS, là où s’ouvre un blanc dans la langue. Un espace de traduction, un passage qui ouvre et suspend les langues.
Ur/Up balt. là où l’Europe est en balance sur les identités les plus diverses. Là où elle s’ouvre au septentrion sur St-Petersbourg et Kaliningrad, où elle tourne sur elle-même autour d’une mer intérieure, figure circulaire et ouverte du même et de l’autre. Ce blanc par où la langue fait-elle aussi passage, c’est aussi la lumière d’où viennent et où s’engouffre les images de Céline Pierre, où les chroniques vidéos sont suspendues de l’image fixe à l’image mouvement, où le fil chronologique semble se rompre pour ne laisser que la trace d’un passage.
*François Hartog: le miroir d’Hérodote, essai sur la représentation de l’autre, ed.folio histoire
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